Pourquoi persiste-t-on à employer ces mots ?
Pour une grande part, employer une expression locale (qu’on en connaisse l’origine ou non) c’est exprimer un attachement, signaler une appartenance. L’ancrage familial, la ruralité, mais aussi la simple saveur de certains termes (intraduisibles : “estey”, “charrailler”, etc.) jouent un rôle essentiel. On observe aussi ces phénomènes :
- Fort retour à la valorisation du terroir depuis les années 2010 (tourisme, circuits courts, patrimoine immatériel, voir INSEE 2021 pour les politiques régionales de valorisation culturelle).
- Utilisation fréquente de mots traditionnels dans la commercialisation de produits locaux (pains “boulangeons”, vins dont certains noms de cuvées reprennent des toponymes anciens).
- Recherche identitaire croissante, notamment chez les trentenaires et quadragénaires installés récemment et curieux de leur “pays d’adoption”.
Une enquête menée en 2019 par l’ADEPFO (Agence pour le Développement en Pays et Filières Occitanes) signale que, dans le nord de la Gironde, près de 11 % du lexique courant utilisé dans la sphère privée présente des racines occitanes, mais que moins de 1,5 % de la population locale estime réellement “parler” la langue ou le patois régional. La transmission se fait donc, de plus en plus, à bas bruit, par capillarité.