Quels étaient, historiquement, les costumes traditionnels de Haute Gironde ?
La tenue quotidienne, reflet des conditions de vie locales
La Haute Gironde, en tant que zone principalement rurale et viticole, ne possédait pas de costume folklorique unique et codifié. Cependant, plusieurs éléments vestimentaires se sont ancrés dans la mémoire collective :
- Chez les femmes : la boina (béret plat), commune aussi dans le nord de la Gironde, restait portée au marché et aux champs ; les jupes longues, souvent rayées ou à motifs sombres, étaient accompagnées d’un châle en laine serrée, d’un tablier large et d’un fichu noué autour de la tête (source : « Costumes régionaux de la France », Ch. Lévêque, 2012).
- Chez les hommes : la blouse de toile bleue ou noire, ample, parfois brodée de petites initiales blanches sur le col, et le pantalon de bure, robuste pour le travail du sol ou de la vigne. Le béret noir, typique du Sud-Ouest, se retrouve omniprésent sur les cartes postales anciennes de la Haute Gironde dès la fin du XIXe siècle.
- Le sabot en bois : utilisé jusqu’au milieu du XXe siècle dans les marais ou sur les terres argileuses, en raison de sa résistance à l’humidité.
Contrairement à d’autres régions possédant des costumes de fête ou de cérémonie bien distincts, en Haute Gironde, la séparation était beaucoup moins nette : la « tenue du dimanche », souvent une version propre et repassée de l’habit de semaine, ne se distinguait que par la qualité du tissu ou quelques accessoires (broches en laiton, foulards plus ouvragés).
Influence gasconne et bordelaise
Des influences directes sont venues de la Gascogne voisine : le béret et la pelisse courte (veste en laine noire, sans manches, ou gilet). À l’ouest, l’influence bordelaise se sentait dans l’usage de tissus plus raffinés, lorsqu’il y avait des liens commerciaux avec la ville — on retrouvait alors de la batiste ou des soies sur certaines pièces de trousseau (source : Musée d’Aquitaine, Bordeaux).