Sorciers, “faiseurs de secrets” et guérisseurs
Le territoire a longtemps compté ses « loups-garous » (loup-garous ou « garous »), mais aussi ses sorciers et guérisseurs, appelés localement “faiseurs de secrets” ou “renouveleurs”. Jusqu’au début du XXe siècle, ces personnages étaient sollicités pour des maux que la médecine dite savante ne savait pas toujours traiter.
- L’art des secrets : Le “secret” est une prière ou une formule transmise oralement. On venait demander le secret contre les brûlures, le zona (“le serpent de feu”), la fièvre ou les verrues. (Cf. Persee, Ethnologie Girondaise).
- Guérisseurs célèbres : Le village de Saint-Paul, en limite de Haute Gironde, était connu jusqu’aux années 1960 pour un guérisseur réputé dont les archives locales rapportent l’efficacité sur les “maladies de peau”.
- Éviter le mauvais œil : Dans les familles, on évitait de trop vanter la santé du bétail ou la floraison des arbres “pour ne pas attirer l’envie” : une superstition persistante dans le monde agricole local
Les procès en sorcellerie : une mémoire douloureuse
Si les grandes “chasses aux sorcières” ont touché surtout le Nord de la France et la Saintonge voisine, la Haute Gironde a connu plusieurs affaires jusque tardivement. Selon les archives de la Société Archéologique de Bordeaux, le Blayais enregistre quatre procès relatifs à la sorcellerie entre 1660 et 1720, dont deux concernent des femmes de la région de Bourg. Être accusé de connaître les “remèdes secrets” pouvait suffire à éveiller la suspicion.